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Pourcentage de coût alimentaire : le seul chiffre qui vous dit si vos marges fonctionnent

Ce que mesure réellement le pourcentage de coût alimentaire, où l'objectif devrait se situer et comment le corriger quand il dérive.

Un restaurant avec un pourcentage de coût alimentaire de 32 % et une cible de 35 % n'est pas en crise. Un restaurant avec 32 % et une cible de 28 % saigne marginalement sur chaque assiette sans le savoir. Le chiffre seul ne vous dit rien — c'est la cible qui compte. Et la cible dépend du concept : un bistro de fine dining qui dresse un dessert à 30 € peut se permettre un pourcentage plus élevé qu'un sandwicherie où le pain est le produit.

Les quatre causes de dérive

  • Prix des ingrédients : une hausse de 15 % sur votre protéine à plus haut volume fait monter le coût alimentaire d'environ 1–2 points si vous ne re-prix pas.
  • Dérive des portions : une cuisine qui « ajoute juste un peu » chaque mois fera monter le coût alimentaire de 3–5 points sans changer un seul prix.
  • Gaspillage : péremption, sur-préparation et restes sur assiette ajoutent 2–4 points au chiffre et restent invisibles tant que vous ne les suivez pas séparément.
  • Hausses de prix qui n'ont pas suivi : si les coûts des ingrédients ont monté de 20 % et que vous avez haussé les prix de 8 %, votre pourcentage de coût alimentaire a monté d'environ 2 points.

Un exemple concret

Un plat, quatre mois

Le risotto signature d'un restaurant coûte 9 € en ingrédients et se vend 22 €. La cuisine ajoute un peu plus de parmesan chaque mois.

Mois 19,00 € / 22 € = 41 %Au-dessus de la cible de 35 %
Mois 29,40 € / 22 € = 43 %Dérive des portions visible
Mois 39,80 € / 22 € = 45 %Deux mois au-dessus de la cible
ActionRe-prix à 24 € ou réduire le parmesanChaque correction ramène à ~41 %

Deux mois consécutifs au-dessus de la cible, c'est le déclencheur pour agir. Attendre le troisième mois, c'est laisser le client payer votre dérive.

Installer l'habitude

  1. 1Fixez la cible. Choisissez un pourcentage de coût alimentaire pour votre concept et écrivez-le. 30 % pour la restauration décontractée, 35 % pour le fine dining, 25 % pour le fast food. Le chiffre compte moins que l'engagement.
  2. 2Suivez par ligne. Tirez coût et ventes de vos 20 premiers articles chaque mois. Marquez tout article qui dépasse la cible deux mois de suite.
  3. 3Diagnostiquez dans l'ordre. Quand un article dérive, vérifiez d'abord le prix de l'ingrédient, puis la taille de la portion, puis le gaspillage, puis le prix du menu. Corrigez la cause la moins chère d'abord.
  4. 4Re-pricer ou re-ingenier. Re-pricer est plus rapide. Re-ingenier (changer l'ingrédient, réduire la portion, simplifier l'assiette) est moins cher. Faites les deux quand la dérive dépasse 5 points.

FAQ

Quel est un bon pourcentage de coût alimentaire ?
28–35 % pour la plupart des concepts de restauration décontractée. Le fine dining peut porter 35–40 %. Le fast food doit rester sous 30 %. Le bon chiffre dépend de votre concept et de votre structure de prix, pas d'un benchmark universel.
Le coût alimentaire doit-il être calculé par plat ou en agrégé ?
Les deux. Par plat, vous savez quel article saigne. En agrégé, vous savez si le menu dans son ensemble est sain. Suivez l'agrégat mensuellement et descendez au niveau ligne quand l'agrégat dérive.
Que faire si mon coût alimentaire est au-dessus de la cible ?
Diagnostiquez dans l'ordre : prix des ingrédients, taille des portions, gaspillage, prix du menu. Corrigez la cause la moins chère d'abord. Si la dérive dépasse 5 points, faites à la fois un re-prix et un re-ingenier.
À quelle fréquence dois-je revoir le coût alimentaire ?
Mensuellement. Les revues trimestrielles sont trop lentes — une dérive de 5 points détectée trois mois plus tard vous a déjà coûté plus que la correction.

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